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Groupes d’entraide pour les parents et amis d’alcooliques et pour les personnes ayant été affectées par la consommation d’alcool d’une autre personne
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Je suis responsable de ma vie
« Al-Anon», voilà ce qu’une personne m’a un soir dit pour toute réponse à la douleur, la colère, l’incompréhension qui me traversait. Aucune explication. Seul son regard me disait combien cela pouvait être important pour moi. Sur internet, j’ai trouvé l’adresse du groupe de Thionville. Et le jeudi suivant, je suis venue. Je n’ai pas dit un mot durant la réunion. Je n’ai posé aucune question. J’ai voulu dans un premier temps simplement voir si je me sentais bien parmi vous et écouter. J’ai ressenti la douceur, la chaleur, l’amour. Je me sentais à ma place ou plutôt j’avais le sentiment d’avoir trouver la place que je cherchais. J’ai su que je reviendrai.
C’était extraordinaire d’entendre une amie mettre des mots sur ce qui m’habitait. Et bien sûr, elle parlait d’elle, et j’avais l’impression qu’elle lisait en moi. Les premiers temps, il me fallait beaucoup de courage pour prendre la parole. Les mots se bousculaient dans ma tête, je perdais vite le fil. Depuis, j’ai un peu progressé.
En venant, je voulais guérir de mon enfance comme une maladie qui me colle à la peau. Ils m’ont transmis le vide, l’absence, le manque, la peur. Le vide affectif comme un trou sans fond qui prend toute la place. L ’absence de repères. Le manque d’amour dans le mot, dans le toucher. Et toutes ces peurs : peur des gens, peur de souffrir, peur de l’inconnu, peur d’être rejeté, abandonnée, peur de communiquer, peur du regard, peur de mes émotions, peur de dire non, peur de dire oui… En venant, je voulais trouver une lumière dans ce tunnel. Et j’avais cette colère car ils étaient responsables de ma solitude, de mon incapacité à être une femme, à construire une famille, une relation avec un homme… Ils, c’est mon père, ma mère.
Je n’avais jamais fait un lien entre l’alcool de mon père et mon mal d’être. Mon père est décédé quelques jours après mon trentième anniversaire. Quelques jours avant sa mort, tout a volé en éclats car j’étais face à un homme que je ne connaissais pas. J’avais tant de colère pour la famille que nous étions. Je ne voulais pas mourir comme lui avec toute cette colère d’avoir fui ma vie par lâcheté. Il a fui sa vie dans l’alcool, dans le travail, dans la solitude. Ce père pour qui je n’existais pas, j’ai désespérément cherché son amour, sa reconnaissance, même après sa mort à travers d’autres hommes. Et pourtant, ma plus grande colère allait vers ma mère qui déversait sur ses enfants sa souffrance. Mille fois, nous a-t-elle signifié combien elle était malheureuse à cause de mon père. C’est elle qui provoquait les disputes, c’est elle qui nous réveillait le soir pour que l’une de nous, ma sœur ou moi allions chercher mon père au café du village, c’est elle qui menaçait de se suicider. Et petite fille, j’étais impuissante face à cela. Je ne pouvais qu’être une petite fille sage pour ne pas en rajouter.
A dix-neuf ans, je deviens maman d’une petite fille. On me maria. J’ai vécu dix années avec le père de ma fille. En tant que maman, je me sentais responsable. C’était essentiel. J’étais responsable de sa vie, de son bonheur. A vingt-huit ans seulement, je décroche mon premier vrai travail tant ma peur du monde m’handicape. Et, je mets toute mon énergie dans mon travail. Ma vie se résumait à mon travail, à ma fille même si la mort de mon père a tout bouleversé. Les blessures de l’enfance ont refait surface. J’ai commencé doucement à chercher de l’aide, à me mettre en chemin pour trouver le sens de ma vie.
En arrivant en Al-Anon, une des premières choses essentielles que j’ai apprise c’est JE SUIS RESPONSABLE DE MA VIE. Ce fut comme un choc. Si je prends la responsabilité de ma vie, je dois cesser de me poser en victime, cesser de dire que mes parents sont responsables de ce que je vis aujourd’hui. Il me faut poser des actes par rapport à ce que je veux, ce que je ne veux plus. J’ai réalisé que finalement tout comme mes parents, j’avais fui ma vie dans le travail, dans le refus de la réalité, le refus de mes émotions. Etre responsable de ma vie, c’est accepter mes blessures, mes parents et changer les choses que je peux changer. Etre responsable de ma vie signifie aussi que je ne suis pas responsable du bonheur des autres. Je ne suis pas responsable du bonheur de ma mère, de mon père. Je me souviens avoir culpabilisée de sentir du bonheur alors que ma mère était malheureuse. En Al-Anon, j’apprends à me regarder avec un regard d’amour. Je suis responsable de mon bonheur. Toutes ces années, j’étais en attente que le bonheur débarque, tellement en attente d’amour, de sécurité. J’ai mendié des miettes d’amour jusqu’à ne plus me respecter. En Al-Anon, j’apprends, un jour à la fois, à me construire de l’intérieur avec l’aide de ma puissance supérieure.
Il faut que je vous dise aussi un mot de ma puissance supérieure sinon j’oublierai l’essentiel. C’est une grande histoire d’amour qui a commencé. Car je n’y arrive pas toute seule. Autour de la table, à Thionville mais aussi à Metz, à Stiring, à Saint Avold, à Terville, en Al-Anon, en Alcooliques Anonymes, j’ai rencontré des personnes extraordinaires qui ont témoigné des abîmes et merveilles qu’ils ont traversés. Dans la profondeur de leurs mots, j’ai puisé de la force, de l’amour, de l’espérance. Ce sont des éclaireurs qui nous attendent et nous tendent la main lorsque l’on arrive pour la première fois et doucement, ils nous aident à traverser cette autre rive de notre vie.
Pour finir, je voudrais dire à mon père que je vais continuer la route, et que je sais aujourd’hui qu’il est fier de moi, qu’il m’aime et que j’ai bien aimé les deux fois où il était là avec moi en réunion à Terville.

Mon témoignage s’arrêtait là, il y a un an lors de mon deuxième anniversaire. Aujourd’hui, c’est à la rencontre de ma mère que je vais. Sa santé ne lui permet plus de vivre seule. Nous avons passé le week-end ensemble à la maison. Je crois bien que pour la première fois, j’ai pris soin d’elle avec amour. Je suis tellement touchée par son corps malade, par sa solitude, par des bribes de sa vie qui me parviennent. Je marche vers elle, mais aussi vers moi. Aujourd’hui, je sais qu’elle m’aime. Ce chemin vers elle, n’aurait pas été possible sans Al-Anon. Cet amour que j’ai rencontré en Al-Anon, en Alcooliques Anonymes prend tout son sens s’il me traverse pour se poser sur ma mère et mon père. 

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1. Qu'est-ce que l'alcoolisme ?

L'alcoolisme est une maladie à la fois physique, mentale et spirituelle. Un de ses symptômes est un désir incontrôlable de boisson alcoolisée.

2. Comment la famille peut-elle aider l'alcoolique ?

En adoptant le programme Al-Anon, nous pouvons cesser d'essayer de réformer l'alcoolique, que nous ne pouvons pas changer, et tourner notre attention vers nous-mêmes, que nous pouvons changer.

3. Qu'est-ce qu'Al-Anon ?

Al-Anon est une fraternité composée de parents et d'amis d'alcooliques qui essaient de résoudre leurs problèmes communs en partageant leurs expériences et en acquérant une plus grande connaissance et une meilleure compréhension d'eux-mêmes et de l'alcoolique.

4. Que pouvons-nous faire pour aider l'alcoolique à cesser de boire ?

En changeant notre propre attitude, nous rendons l'atmosphère du foyer plus saine pour toute la famille, y compris l'alcoolique. Cela peut permettre à l'alcoolique de voir le problème et paver la voie vers les Alcooliques Anonymes (AA).

5. Comment pouvons-nous changer d’attitude?

a. En mettant en pratique le programme Al-Anon, ses Étapes, ses Traditions, ses slogans et ses prières.

b. En nous efforçant de comprendre la maladie de l'alcoolisme et ses conséquences sur nous.

c. En assistant régulièrement aux réunions Al-Anon

6. Devrions-nous servir des boissons alcoolisées à la maison ?

C'est une affaire personnelle. Cela dépend de la réaction de l'alcoolique. Il serait peut-être à recommander de ne pas en servir au début de la sobriété.

7. Devrions-nous accepter des invitations à des réunions ou l'on sert des boissons alcoolisées ?

Nous devrions laisser la personne alcoolique décider si oui ou non elle acceptera de telles invitations, tout comme c'est à nous de décider en ce qui nous concerne.

8. Devrions-nous cesser de boire ?

Si cela a quelque importance pour l'alcoolique, il vaudrait peut-être mieux nous en abstenir, mais c'est une décision personnelle.

9. Y a-t-il un moment propice pour parler à l'alcoolique de sa consommation d'alcool on de tout autre problème grave ?

Il faut, dans la plupart des cas, nous fier à notre intuition. Beaucoup ont trouvé que l'alcoolique était plus accessible après une cuite. Nous essayons d'être calmes et détachés chaque fois que nous discutons de quelque problème que ce soit.

10. Devrions-nous dorloter l'alcoolique ?

Non. L'expérience a démontré que plus nous lui accorderons de l'attention, moins l'alcoolique fera d'efforts pour s'en sortir et donc, sa consommation d' alcool continuera.

11. La sobriété de l'alcoolique marquera-t-elle la fin de nos ennuis ?

Il ne faut pas nous attendre à trop, trop tôt. Le retour à la santé demande beaucoup de temps et tous nos problèmes ne sont pas causés par l'alcoolisme.

12. Aurons-nous besoin d'Al-Anon après que l'alcoolique aura cessé de boire ?

Oui. L'adaptation à la sobriété peut être facilitée si nous continuons à nous concentrer sur nous et si nous progressons dans Al-Anon.

13. Sommes-nous malades, nous aussi ?

Il est bon de nous rappeler que nous souffrons des conséquences de l'alcoolisme d'une autre personne.

14. Quelles responsabilités une personne alcoolique peut-elle assumer ?

Elle ne peut en assumer beaucoup, à moins d'avoir cesser de boire. Certaines personnes alcooliques sont en mesure d'assumer des responsabilités plutôt que d'autres; les capacités d'une personne alcoolique qui a atteint la sobriété peuvent être illimitées.

15. Comment pouvons-nous aider après que l'al­coolique a cessé de boire ?

En lui témoignant de l'amour et de la compréhension et en nous rétablissant nous-mêmes des conséquences de l'alcoolisme, un mal familial. 

16. Qu'est-ce que  '"l'ivresse mentale" ?

L'ivresse mentale est un état d'esprit ou un genre de comportement ordinairement relié à l'alcool et que la personne alcoolique adopte, même si elle n'a pas bu. L'ivresse mentale se manifeste souvent au début de la sobriété et il n'est pas rare qu'elle se produise aussi plus tard.

17. Est-ce que nous, membres Al-Anon, nous faisons des rechutes ?

Oui. Les habitudes sont difficiles à changer et il nous arrive parfois de retomber dans nos anciennes façons de penser et d'agir. Demeurer en contact avec Al-Anon en téléphonant à d'autres membres, en lisant de la documentation Al-Anon ou en assistant aux réunions aide à amoindrir nos rechutes.

18. Comment pouvons-nous garder l'alcoolique loin de ses amis consommant de l'alcool ?

Nous ne le pouvons pas.

19. Comment éviter le découragement ?

a. En ayant foi dans le programme Al-Anon.

b. En nous tenant occupés et en aidant les autres.

c. En priant et en méditant.

20. Comment pouvons-nous parvenir à la sérénité ?

a. En gardant un esprit ouvert au cours des réunions, nous acquerrons ainsi des connaissances et de la force grâce au groupe.

b. En adoptant seulement ce qui nous convient le mieux personnellement dans les Douze Étapes, la Prière de Sérénité et les slogans.

c. En apprenant à « lâcher prise et à nous en remettre à sa Puissance Supérieure »; en nous détachant de l'alcoolique sur le plan émotif tout en ayant de l'amour dans notre coeur.

Extrait de "l'alcoolisme, un mal familial", reproduit avec la permission de Al-Anon Family Group Headquarters, Inc., Virginia Beach, VA.

Vous pouvez communiquer avec Al-Anon en contactant une des personnes indiquées dans la liste (cliquer-ici) ou en envoyant un mail à alanon.lorraine@yahoo.fr

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